La solitude d'être un jeune aidant

Deux avatars doux près d'un soleil chaleureux, un mot de soutien discret pour les jeunes aidants

Si tu es adolescent ou dans la vingtaine et qu'une grande partie de l'aide à la maison repose sur toi, tu connais déjà une solitude difficile à expliquer à quelqu'un de ton âge. Peut-être que tu aides un parent malade ou en situation de handicap, que tu veilles sur un frère ou une sœur, ou que tu tiens tout ensemble quand un proche se débat avec une addiction ou sa santé mentale. Tu cuisines, tu rappelles les médicaments, tu traduis pendant les rendez-vous, tu sens quand une humeur va basculer. Et puis tu arrives au lycée ou au travail, et autour de toi tout le monde parle de fêtes, de jeux et de qui plaît à qui, et tu as l'impression de vivre dans un monde un peu différent du leur.

Cet écart est réel, et ce n'est pas le signe que quelque chose ne va pas chez toi. Il vient du fait de porter des responsabilités auxquelles la plupart des gens de ton âge n'ont jamais eu à penser, souvent sans que personne sache même que tu les portes. Ce texte parle des raisons pour lesquelles être un jeune aidant peut isoler autant, de la culpabilité et du sentiment d'avoir bien plus que ton âge, de comment laisser entrer un ami sans tout déverser sur lui, et de petites manières de grappiller un peu de lien même les jours les plus chargés. Prends ce qui t'aide et laisse le reste.

Pourquoi être un jeune aidant isole autant

Une grande partie vient du fait que tu portes des responsabilités que tes amis ne partagent tout simplement pas. Pendant qu'ils s'inquiètent des devoirs ou d'une conversation de groupe, toi tu t'inquiètes peut-être de savoir s'il y a assez d'argent pour la semaine, de l'état de ta mère à ton retour, ou de savoir si ton frère a pris ses cachets. Ce n'est pas que tes amis s'en fichent. C'est qu'ils n'ont aucun repère pour se le représenter, alors quand tu essaies de décrire ta soirée du mardi, tu vois leur regard se faire un peu vide, et après que ça arrive quelques fois, tu arrêtes d'essayer.

Il y a aussi tout le social que tu rates sans cesse, cette colle ordinaire qui construit les amitiés. Le moment après les cours, la sortie ciné de dernière minute, la nuit chez un ami, la soirée un peu folle dont tout le monde parle pendant des semaines. Tu dis non si souvent qu'à la fin les gens arrêtent de te proposer, et tu peux te retrouver en marge de ton propre groupe sans que personne n'ait décidé de t'exclure. Beaucoup de jeunes aidants cachent aussi toute la situation, parce qu'elle semble trop lourde à évoquer ou parce qu'ils craignent la réaction des autres face à ce qui se passe chez eux. Garder le secret te protège d'une certaine façon, mais fait aussi que personne ne voit l'ampleur de ce que tu fais, et cette invisibilité est une solitude à part entière.

Le poids de la culpabilité et le sentiment d'être plus vieux que ton âge

La culpabilité a tendance à se glisser sous tout le reste. Si tu sors, tu culpabilises d'être parti. Si tu restes, tu culpabilises d'en vouloir à la situation. Si tu passes un bon moment, tu culpabilises de t'amuser pendant que quelqu'un à la maison vit une mauvaise journée. Tu peux aimer profondément la personne dont tu prends soin et te sentir malgré tout piégé par la situation, et voir ces deux sentiments cohabiter est l'une des parties les plus déroutantes de tout cela. Cette confusion est normale, et elle ne fait pas de toi une mauvaise personne.

Il y a aussi cette étrange impression d'être bien plus âgé que ton âge réel. Tu gères des choses que beaucoup d'adultes n'ont jamais à gérer, alors tu peux avoir du mal à te retrouver dans des gens qui sont pourtant de ton âge. Les petits soucis paraissent presque agaçants quand tu en portes de vrais, et les conversations d'adultes semblent parfois plus naturelles que celles de ta classe. Cette maturité est une chose dont être fier, mais elle peut te laisser le sentiment d'avoir sauté une partie de la jeunesse, et faire ce deuil en silence, tout seul, c'est quelque chose de solitaire.

Dire à un ami à quoi ressemble vraiment ta vie

Tu n'es pas obligé de tout expliquer à tout le monde. Mais laisser entrer un ami de confiance peut changer à quel point tu te sens seul, parce que la plupart des gens veulent comprendre et n'ont simplement aucune idée de tes journées. Tu peux rester simple. Quelque chose comme « c'est assez intense à la maison en ce moment parce que j'aide à m'occuper de mon père, donc je ne peux pas toujours faire des plans, mais je veux qu'on reste amis » en dit assez sans livrer toute ton histoire. C'est toi qui décides de ce que tu partages et avec qui.

Une crainte fréquente chez les jeunes aidants, c'est de devenir un poids, d'en déballer tellement que l'amitié se met à ressembler à une corvée pour l'autre. Tu peux éviter ça en laissant entrer petit à petit, et en gardant dans l'amitié de la place pour l'ordinaire aussi, les mèmes, les potins et les conversations idiotes qui n'ont rien à voir avec l'aide. Un bon ami peut porter une partie du difficile et rester quelqu'un avec qui tu ris. Si c'est la peur d'être de trop qui t'empêche de tendre la main, notre guide sur comment arrêter de te sentir un fardeau peut t'aider à dire quand même quelque chose.

Grappiller du lien dans de petites fenêtres

Quand tu ne peux pas quitter la maison longtemps, l'amitié doit tenir dans les interstices, et ces interstices peuvent être courts. Une conversation vocale de dix minutes pendant que la bouilloire chauffe, un appel rapide pendant que quelqu'un fait la sieste, quelques messages échangés dans la journée. Ces petites fenêtres comptent plus qu'elles n'en ont l'air. Le lien n'a pas besoin d'une soirée entière de libre pour être réel, et un échange court et sincère te porte dans une période difficile mieux qu'une grande sortie que tu finiras de toute façon par annuler.

Ici, la voix aide d'une manière que le texte n'arrive pas tout à fait à égaler. Entendre un ami rire, ou simplement l'entendre être normal avec toi quelques minutes, atteint une part de la solitude qu'un écran plein de texte ne touche jamais. Tu peux être dans ta cuisine, de garde, une oreille tendue vers la personne dont tu prends soin, et vivre malgré tout un vrai moment où tu te sens toi-même. Si ta vie est vraiment trop remplie pour l'agenda social habituel, notre article sur comment se faire des amis quand on est trop occupé pour avoir une vie sociale est écrit exactement pour ça.

Où Bubblic entre en jeu

Les jours où tu es coincé à la maison et coincé dans ta propre tête, ça aide simplement de parler à quelqu'un. Bubblic est une appli gratuite basée sur la voix qui te met en lien avec une vraie personne pour une vraie conversation, et elle tient dans une petite fenêtre parce que tu peux te connecter quelques minutes puis reprendre ce que tu faisais. C'est toi qui décides de ce que tu partages. Certains jours, ça veut dire dire à voix haute, à quelqu'un un peu en dehors de ton quotidien, que c'est lourd en ce moment. D'autres jours, c'est juste une conversation légère et ordinaire sur la musique, le foot ou pas grand-chose, une pause loin du rôle de celui qui gère, un rappel que tu restes un jeune avec tes goûts et tes blagues. Entendre une voix amicale desserre l'isolement d'une manière que le scroll n'atteint jamais. Pas de profil à peaufiner, rien à swiper. Gratuit sur iOS et Android.

Trouver d'autres jeunes aidants qui comprennent

Il y a un soulagement bien particulier à parler à quelqu'un qui fait la même chose que toi. Un autre jeune aidant connaît déjà la culpabilité, les plans annulés, cette façon de reprendre ton souffle avant de franchir la porte de chez toi, alors tu n'as pas à expliquer les bases ni à te préparer au regard vide. Les groupes de jeunes aidants, portés par des associations et souvent par des collectivités ou des établissements scolaires, existent justement pour ça, et beaucoup se réunissent aussi en ligne, ce qui compte quand tu ne peux pas sortir facilement. Un bon point de départ pour te renseigner est l'introduction aux jeunes aidants de Carers Trust, sur https://carers.org/young-carers/introduction-to-young-carers , qui explique à quel soutien tu as droit et comment y accéder.

Une chose douce mais importante avant de finir : s'il te plaît, considère ces services et ces lignes d'écoute comme ton vrai appui, pas cet article. Bubblic et une conversation avec un ami sont une manière légère de te sentir moins seul, et ne remplacent pas un vrai accompagnement de jeune aidant, ni le fait de parler à un professeur, à un médecin ou à une ligne d'écoute quand ça devient trop lourd. Demander de l'aide ne veut pas dire que tu abandonnes la personne dont tu prends soin. Et c'est tout à fait normal de vouloir du temps pour toi, de vouloir quelques heures qui n'appartiennent qu'à toi. Vouloir une pause ne te rend pas égoïste. Ça te rend humain, et ça fait partie de ce qui te permet de tenir.

Tu n'es pas le seul

La solitude d'être un jeune aidant est réelle, et une grande partie vient de tout ce que ce rôle a d'invisible. Tu fais quelque chose d'énorme, souvent en silence, et il est logique que ça puisse isoler. Mettre un mot dessus, ne serait-ce que pour toi, est déjà un petit soulagement.

Commence par une chose cette semaine. Confie à un ami un peu de la vérité, cherche un groupe de jeunes aidants près de chez toi, ou vis une seule courte conversation où tu peux être de ton âge quelques minutes. Tu n'as pas à tout porter en silence.

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FAQ

Pourquoi les jeunes aidants se sentent-ils si seuls ?

Parce qu'ils portent des responsabilités auxquelles la plupart des gens de leur âge n'ont jamais eu à penser, et souvent ils les portent en secret. Pendant que les amis se concentrent sur les cours, les jeux et les plans, un jeune aidant peut gérer des médicaments, des soucis d'argent ou la santé d'un proche. Cet écart rend la compréhension difficile, et rater les moments sociaux ordinaires qui construisent les amitiés te laisse peu à peu en marge. Cacher la situation protège d'une certaine façon, mais fait aussi que personne ne voit tout ce que tu fais, et cette invisibilité est une solitude à part entière. Rien de tout cela ne veut dire que quelque chose ne va pas chez toi.

Comment garder mes amitiés tout en aidant ma famille ?

Laisse l'amitié tenir dans de petites fenêtres au lieu d'attendre une soirée libre qui ne viendra peut-être jamais. Une conversation vocale de dix minutes pendant que l'eau chauffe, un appel rapide pendant une sieste, quelques messages dans la journée, tout cela compte plus qu'il n'y paraît. Laisse entrer un ami de confiance avec une phrase honnête et simple sur la raison pour laquelle tu ne peux pas toujours faire des plans, et garde aussi de la place pour l'amusement normal, pas seulement pour le lourd. La voix aide plus que le texte, parce qu'entendre un ami être normal avec toi quelques minutes atteint la solitude d'une manière qu'un écran n'atteint pas.

Est-ce que c'est normal de vouloir une pause dans l'aide ?

Oui, tout à fait. Vouloir du temps pour toi ne te rend pas égoïste et ne veut pas dire que tu aimes moins cette personne. Tu peux aimer quelqu'un profondément et avoir malgré tout besoin de quelques heures qui n'appartiennent qu'à toi, et ce besoin fait partie de ce qui te permet de tenir, ce n'est pas un signe de faiblesse. Les services pour jeunes aidants peuvent souvent organiser du répit et du soutien pour que tu aies de vraies pauses, alors ça vaut la peine de demander à un professeur, à un médecin ou à une association d'aidants à quelle aide tu as droit. Vouloir une pause est humain, et prendre soin de toi fait partie du soin que tu apportes à l'autre.

Où trouver d'autres jeunes aidants ?

Les groupes de jeunes aidants portés par des associations, des établissements scolaires et des collectivités sont faits pour ça, et beaucoup se réunissent aussi en ligne, ce qui aide quand tu ne peux pas sortir facilement. L'introduction aux jeunes aidants de Carers Trust est un bon point de départ pour trouver du soutien près de chez toi et comprendre à quoi tu as droit. Les applis basées sur la voix comme Bubblic peuvent aussi t'offrir une vraie conversation sans pression quand tu as juste besoin de te sentir moins seul en dix minutes de libre. S'il te plaît, considère ces services et ces lignes d'écoute comme ton appui principal, avec une conversation amicale en petit plus et non en remplacement.

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